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"Draquilla, l'Italie qui tremble" contre "Fahrenheit 9/11" : comment s'assurer un succès médiatique incontestable

Je vais résumer les derniers épisodes de ce nouveau grand fiasco du ministre de la culture du gouvernement Berlusconi, Sandro Bondi.

Tout d'abord, la comique italienne Sabrina Guzzanti est fille de son père, Paolo Guzzanti. Paolo Guzzanti a été assez proche de Silvio Berlusconi (il a été élu député pour le Peuple de la Liberté, le parti de Silvio Berlusconi), avant de s'en éloigner. Il y a quelques années, je me rappelle nettement que d'un fort "contraste" entre le père et la fille.

Pour sa part, Sabrina Guzzanti est connue en Italie pour ses attaques contre Silvio Berlusconi (elle se déguise en Berlusconi et en exagère les manières populistes.) Elle se déclare l'opposante n°1 de Berlusconi.... comme d'autre : Beppe Grillo pour ne citer que lui (son blog est l'un des plus lu au monde).

A ce point, complétons le tableau par le ministre de la culture de l'actuel gouvernement Berlusconi, Sandro Bondi. Celui qui se définit comme "l'un des amis non servile du Président Berlusconi", n'en est pas à sa première gaffe médiatique (La Repubblica du 9 mai 2010). Il est difficile de penser que Berlusconi lui rende une telle amitié quand on connait la proposition que Berlusconi a faite de l'échanger contre une ministre Turkmène.

Pour que la mayonnaise prenne bien, complétons le tableau par le festival de Cannes, qui choisit le film de Sabrina Guzzanti, Draquila, l'Italie qui tremble, dans le cadre de sa sélection officielle. Le film traiterait de la gestion "médiatique" qu'aurait fait Berlusconi de la reconstruction de la ville de l'Aquila, après le tremblement de terre du 6 avril 2009. La thèse qu'elle développe dans le film soutiendrait que Berlusconi aurait profité du tremblement de terre pour se reconstruire - lui - une image, aux frais des sinistrés.

En réaction, le preux ministre de la culture Sandro Bondi saute sur l'occasion pour montrer à la terre entière, éventuellement à la Croisette, mais surement à son "ami" Silvio, qu'il n'était pas un ami servile et déclare qu'il n'irait pas représenter l'Italie à Cannes vu que le Festival avait sélectionné le film de la Guzzanti.

La levée de bouclier fut (presque) unanime : entre autre, Jack Lang a déclaré qu'il s'agit d' "une étrange conception de la liberté. La France est très triste que l'État italien ne soit pas représenté durant le festival."

Bien entendu, Sabrina Guzzanti ne s'attendait pas à une aussi bonne campagne de pub : elle a ainsi bénéficié gratuitement de page, d'article, de journaux télévisés ou non, de transmissions radio, de blog (sic), etc... que le film fut un succès avant même sa projection initiale. Imaginez la tête d Berlusconi, aidée par son ami-ministre non servile, Bondi.

Personnellement, je fais un parallèle frappant avec le film "Fahrenheit 9/11" de Michael Moore. L'un comme l'autre sont des films critiquant des dirigeants politiques et populistes élus, d'un coté George Bush, de l'autre Silvio Berlusconi.

Le film Moore reçu la Palme d'Or à Cannes en 2004. Pour l'avoir vu, le film tombe dans les mêmes excès que son adversaire, George Bush : à trop vouloir dénoncer le populisme de l'ex-président, Moore devenait démagogique. Aujourd'hui, un critique portait un jugement identique sur le film de la Guzzanti (compte rendu du Festival par France 24 de ce jour).

Mais le Président George Bush avait réagit en soulignant la liberté d'expression qui animait l'Amérique et permettait à de tels films d'être vus et produits. Inversement, Bondi a parlé et voilà le résultat.

On a les politiques que l'on mérite.... Manquerait plus que Draquila gagne la Palme.

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